La solitude est souvent le fait d'un accident de la vie sociale ou familiale qui vous met brusquement en situation de personne seule. La meilleure façon de franchir cette mauvaise passe serait de ne rien faire pour rompre avec le courant de sa vie habituelle: Ne rien changer à sa relation de travail, ses habitudes sociales, ses va-et-vient de la vie quotidienne, ses projets. Au contraire il faudrait renforcer toutes ses activités de relation de rencontre et d'échange.
Dans la réalité, la solitude nouvelle nous laisse désemparée, nous oblige à nous remettre en question et nous culpabilise le plus souvent. Cette culpabilisation vient d'un sentiment de manquement à la convention sociale qui n'aime pas les femmes seules et qui a toujours un regard suspect sur celle qui est divorcée ou séparée.
A partir d'un certain âge, on a fréquenté jusqu'ici des couples, parfois avec enfants; on a fait partie d'un petit clan d'amis avec lesquels on se réunit parfois pour une sortie, un spectacle, un repas Maintenant seule, on a l'impression d'être comme une intruse dans le groupe. Cette femme qui était votre amie et qui voit la sollicitude amicale de son mari ou de son compagnon plus proche, peut craindre une véritable prédation, et distancer sa relation avec vous. Le résultat est que vous allez nous retirer vous-même dans une solitude renforcée ou avec un petit noyau d'amis restés fidèles. Parfois même, vous trouverez d'autres femmes dans la même situation, et vous aurez tendance à faire "club" de femmes seules ou délaissées.
Dans un premier temps, ce repli dans un groupe restreint qui vous comprend, peut vous aider dans la mauvaise passe; mais il faut savoir s'en évader et garder une fenêtre ouverte pour nouer une autre relation. Quand vous étiez en couple, la relation vous semblait facile, vous étiez parfois sollicitée. Ce qui a changé maintenant est dans la tête: le sentiment d'un ratage et d'un échec. Vous n'avez plus confiance en vous et en votre faculté de séduire encore ou simplement d'avoir une nouvelle relation. Il est facile d'avoir cette relation close avec une ou deux; ce qui est difficile, c'est d'aller vers les autres, de recevoir et d'encourager un homme qui veut se rapprocher de vous.
Une femme seule qui n'a plus 20 ans, dans notre société, peut difficilement aller seule dans un lieu public pour provoquer un "accostage" et une relation sérieuse. Contrairement aux hommes, la femme restée seule attend une relation stable; pas un essai ou une amourette.
Dans les essais que vous faites d'une nouvelle relation, il y aura des batailles perdues, mais vous ne devez pas vous décourager.
Si vous avez pris l'habitude de vivre seule, c'est bien; mais une homme ou une femme n'est pas fait pour vivre seule sans prendre le risque d'une véritable désocialisation et d'un appauvrissement de sa pensée, et de sa réflexion. A vivre seul, on perd sa faculté à donner et à recevoir une relation amoureuse. Nous avons besoin de frotter notre esprit sur les petites choses du quotidien et de faire chaque jour cet exercice d'avoir à penser à un autre très proche, de partager un enthousiasme, un intérêt pour un paysage, un moment de vie, un spectacle.
Il est donc normal que vous cherchiez un compagnon, et personne ne doit vous décourager de le faire. Faites donc votre quête personnelle par les moyens correspondant au type de relation que vous cherchez.
Nadine |